Philippe Favier - Les Baleines bleues

 

Les Baleines bleues, sous ce titre exotique se cache la dernière série de Philippe Favier qu’il faut considérer comme une promenade, une balade amusée dans un univers normalement absent du monde de l’art contemporain : le soutien-gorge. Derrière l’allusion faussement coquine, cet ensemble se veut surtout une interrogation sur la forme et sur les matériaux. Le soutien-gorge est ici réduit à un simple amas ou plus exactement un motif transparent sur un fond tour à tour blanc ou noir en sérigraphie. Réalisé en négatif et donc transparent, ce motif devient le support à divers collages que l’artiste s’amuse à varier d’œuvres en œuvres. Constitués de dentelles, de morceaux de tissus féminins, de rehauts de peintures, ces collages deviennent ainsi des motifs dans le motif avec leurs arabesques et leur préciosité, des sortes de variations infinies qui opposent la beauté de la matière à la matité de la sérigraphie.

Faut-il parler encore d’édition à propos de cette série de 24 exemplaires ? Sans doute pas tant l’artiste s’est impliqué dans la réalisation de chaque exemplaire, jouant sur l’un des reflets mordorés de dentelles ajourées, s’amusant dans l’autre à empiler taffetas dans d’heureux effets de transparence. Ces oeuvres originales actualisent finalement le travail sur verre que Philippe Favier réalisaient dans les années 1990 et qu'il avait depuis pratiquement abandonné. 

Référence Les Baleines bleues
Format 24 x 35 x 5 cm
Tirage pièces uniques
Technique Boite vitrée habillée de noir avec sérigraphie
Année de parution 2018

Favier (Philippe)


Depuis les années 1980, Phillipe favier développe un univers singulier sans équivalent dans le monde de l'art contemporain. Inventivité et liberté caractérisent son oeuvre déplaçant les codes établis. Né à Saint-Etienne en 1957. Vit et travaille en France. Dans chacune des nombreuses périodes qui caractérisent le travail de Philippe Favier depuis une trentaine d’années, on peut apercevoir combien le recours à l’horizon semble incontournable, qu’il aliène les corps comme dans certains collages(1), qu’il dresse le portrait d’une morte asperge(2), qu’une mystérieuse architecture étale son mince silence sur plus de deux mètres(3) ou que 101 boîtes de sardines conservent leur mystère(4)… Il serait fastidieux de dresser une liste et complexe d’en extraire le sens. Depuis ses débuts, l’usage du stylo Bic en fait foi, le travail de Philippe Favier est à comprendre sous le signe de l’écriture. En 1982, il confiait qu’il lui semblait « dessiner la majuscule d’un texte à venir ». Au coeur de l’oeuvre, les pages se sont inscrites au fil des ans. En 2008, Le Grand Livre s’ouvre comme un nouveau chapitre.

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