Claire Trotignon - Cold Hill Side

Cold Hill Side, expression extraite du poème La Belle Dame sans merci de John Keats, est un ensemble de trois sérigraphies réalisé par Claire Trotignon.

 

Cold Hill Side, expression extraite du poème La Belle Dame sans merci de John Keats, est un ensemble de trois sérigraphies réalisé par Claire Trotignon.

L’artiste née en 1985 s’affirme comme l’une des plus talentueuses de sa génération. Toute sa pratique tourne autour d’un questionnement des codes qui animent notre réel.
À travers des séries de dessins, collages ou photographies, elle ne cesse de mettre en crise le présent. Des fragments de gravures du xviiie siècle lui permettent de recomposer des paysages fictionnels, presque héroïques.
À partir d’un brouillage des échelles, elle y inscrit des morceaux d’architectures modernistes, offrant à voir un paysage presque idyllique, flottant librement dans l’espace.

Référence Trotignon Cold Hill Side
Format 75 x 105 cm
Tirage 8 ex.
Technique 3 sérigraphies originales

Trotignon (Claire)


Claire Trotignon est née en 1985 à Paris où elle vit et travaille actuellement. Diplômée avec mention spéciale de l’École supérieure des beaux-arts de Tours en 2008, Claire Trotignon s’affirme comme l’une des plus talentueuses artistes de sa génération.

Il faut percevoir la pratique du collage chez Claire Trotignon comme une tentative réussie de parler de notre époque, d’en parler autrement. Il y a chez elle une heureuse collision entre des éléments appartenant au passé et des formes visiblement issues du futur. Rien dans ses œuvres ne semble parler de notre présent ni même renvoyer à quelque événement ou mutations de notre culture. Chacun de ses paysages, elle les compose à partir de centaines de fragments de gravures du XIXe siècle qu’elle découpe minutieusement avant de les coller, de les arranger et de les distribuer de façon éparse sur un fond blanc immaculé. Leurs rassemblements façonnent des affleurements rocheux prenant la forme de montagnes, de falaises, ou se réduisant à quelques éléments dénotant d’un lieu sans localisation précise. Et toujours, un arbre, voire un bosquet, vient fixer l’échelle. Autours l’infini, le vide, si présent dans ce blanc qui irradie tout en laissant les choses en suspens. Chez Claire Trotignon, le vide est la base même de la composition et réfute toute forme de pesanteur. Les choses flottent librement, excluant tout horizon clairement défini, voire même une ligne de fuite contraignante. Le cadre apparait dès lors comme une découpe arbitraire.

Comme de véritables pièges pour le regard, ces collages se peuplent d’architectures, ou plus exactement de fantômes de constructions. De séries en séries, elles se sont faites plus abstraites au point de s’incarner tout autant dans les structures archaïques de peuples anciens ou prendre l’évidence minimaliste d’architectures utopiques qu’elle se pare régulièrement de touches d’un bleue intense appliquées au pinceau. Ces arches, ces murs aveugles, ces fosses et esplanades, ces perspectives sans fin évoquent un monde futur en lévitation ou le réel semble avoir perdues toute substance, éparpillé dans les plis du temps et donc de notre imaginaire. Claire Trotignon réaffirme que tout paysage notamment urbain, est avant tout une construction mentale où se cristallise les enjeux de la représentation dans une culture donnée. En jouant avec l’idée d’histoire, de cycle, en convoquant des modes de figuration non occidentaux (on pense notamment aux estampes japonaises), ses collages produisent au final une image ou le passé et le futur semble s’annuler dans les ruines du présent. Car les paysages que composent Claire Trotignon sont évidemment métaphoriques et renvoient aussi à cet éclatement de nos cultures contemporaines.



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