Le motif de la montagne Sainte-Victoire, si chère à Cézanne, occupe dans l’œuvre de Véra Molnar une place singulière.
Le motif de la montagne Sainte-Victoire occupe chez Vera Molnar une place singulière comme en atteste nombre de ses dessins, œuvres et multiples. Évidemment, il y a l’hommage à Cézanne et sa cette capacité à révéler plastiquement l’asymétrie de cette éruption rocheuse. Mais chez Vera Molnar, la montagne Sainte Victoire est aussi un principe ou plus exactement l’heureuse incarnation naturelle d’un désordre qu’elle ne cesse de vouloir rationaliser. Et cette rationalisation, elle s’exprime dans la courbe de Gauss, système de représentation de la complexité que Vera Molnar utilise, détourne, réactualise. Si la montagne Sainte-Victoire est la preuve naturelle de cette courbe, il convenait d’en démontrer toute la beauté. Tel est le but de ce nouvel ensemble voulu par l’artiste.
Neuf panneaux, trois états : une montagne Sainte-Victoire en plein, l’autre en traits, la dernière en points, toutes les trois attestant de la physionomie de la montagne. L’artiste donne ensuite une règle d’activation : le preneur en charge de l’œuvre (collectionneur, institutions…) s’engage à interchanger régulièrement la disposition des toiles en colonne. Cette simple règle lui donne ainsi la possibilité d’activer 216 compositions différentes de la Sainte-Victoire. Face à ce motif imposant, Vera Molnar produit ici une œuvre exemplaire où un motif célèbre devient un modèle alliant rigueur d’un protocole et variations sous forme d’un jeu.
L’artiste a imaginé deux versions différentes, l’une noir et blanc, renforçant la rigueur programmatique de l’œuvre, la seconde en couleurs (orange et bleu), dans des nuances régulièrement utilisées par l’artiste, venant contrebalancer d’une certaine façon la radicalité minimale de la première. Ces deux œuvres expriment, l’une et l’autre, la recherche constante de l’artiste à partir d’un thème et de ses possibles variations.
Fiche technique
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