Frank Stella Chapel

Franck Stella, invité par la Venet Foundation, réalise une œuvre architecturale en plein air, la Chapelle Stella, destinée à présenter les six reliefs de sa série Near East.

 

23,70 €

La chapelle de Frank Stella est une œuvre d’art totale, confondant architecture, formes, sculptures et lieu de méditation. Invité par Bernar Venet dans sa Fondation, Frank Stella met en œuvre sa première réalisation architecturale destinée à présenter en plein air les six reliefs de sa série Near East. Par son aspect, sa forme circulaire et ses proportions harmonieuses, ce pavillon évoque les « folies » qui ornaient les parcs au XVIIIe siècle et fait référence à des précédents prestigieux dans l’histoire de l’art contemporain, comme la chapelle Rothko au Texas. Les six sculptures monumentales présentées dans ce livre proviennent de la série Near East (1991) et sont considérées comme une création majeure de l’artiste. Ces hauts reliefs ont une charge évocatrice et une force considérables, entraînant le spectateur dans l’univers du tragique, au-delà de la fouille archéologique, celui des éléments ensevelis ou fondus : Tchernobyl, le World Trade Center…

Référence Frank Stella Chapel
Nombre de pages 56
Format 21 x 26 cm
Langue Bilingue Français / English
ISBN 9782363061652
Année de parution 2016

Stella (Franck)


Frank Stella est né en 1936 à Madden, dans le Massachusetts. Il étudie la peinture à la Phillips Academy d’Andover, puis l’histoire, option arts plastiques, à Princeton, où il obtient une licence en 1958. Il s’installe ensuite à New York et exécute sa célèbre série de Peintures noires. Ces œuvres, immédiatement saluées, le désignent comme un précurseur de l’art minimal. Dès 1959, quatre d’entre elles figurent à l’exposition « Sixteen Americans » au Museum of Modern Art de New York et le directeur du musée, Alfred Barr, en achète une peu après pour la collection permanente.

      Stella présente les Aluminium, inaugurant son travail sur les « tableaux découpés », à sa première exposition personnelle chez Leo Castelli, en 1960. L’année suivante, c’est la galerie Lawrence, à Paris, qui lui offre sa première exposition personnelle à l’étranger. Au cours des années 1960 et 1970, il participe à plusieurs expositions marquantes, qui contribuent à définir les grands courants de l’époque, notamment « Geometric Abstration » au Whitney Museum of American Art (1962), « Toward a New Abstraction » au Jewish Museum (1963), « The Shaped Canvas » au Solomon R. Guggenheim Museum (1964-1965), « Systemic Painting » auSolomon R. Guggenheim Museum (1966), la XXXIIe Biennale de Venise (1966), la Documenta 4 (1968), « New York Painting and Sculpture 1940-70 » au Metropolitan Museum of Art (1970) et « Structure of Color » au Whitney Museum of American Art (1971).

      Dans la foulée des Peintures noires et des Aluminium, Stella continue à travailler par séries. Au cours des années 1960, il crée les Cuivre, Carrés concentriques, Assemblages labyrinthiques, Polygones irréguliers et Rapporteurs. Il adopte aussi la technique de l’estampe vers 1965 et dessine en 1967 les décors et costumes du ballet Scramble chorégraphié par Merce Cunningham.

     En 1970, à tout juste trente-quatre ans, Stella devient le plus jeune artiste à avoir l’honneur d’une grande rétrospective au Museum of Modern Art. Tout en achevant les séries des Rapporteurs et de La Saskatchewan dans les années 1970, il évolue vers les trois dimensions avec la série de hauts-reliefs Village polonais inspirée par les synagogues en bois des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles que les nazis ont détruites en Pologne.

      Stella maintient son rythme prolifique dans les années 1970 et 1980. Il crée les séries Brésilienne, Oiseau exotique, Oiseau indien, Circuits, Pointes et Cônes et piliers, où il explore d’autres voies grâce aux nouvelles technologies. Pour la série Brésilienne, par exemple, il applique la peinture sur un support de tôle striée en forme d’éventail, tandis que les Oiseaux exotiques sont exécutés sur de l’aluminium alvéolé revêtu de poudre de verre.

      En 1985, Stella commence la série La Vague,rebaptisée Moby Dick en 1988, qui rassemble deux cent soixante-six reliefs en métal peint, collages, sculptures et estampes complétés par une immense peinture murale, soit une ou deux œuvres pour chacun des cent trente-huit chapitres du roman d’Herman Melville. En 1987, les œuvres de Stella font l’objet d’une deuxième rétrospective au Museum of Modern Art, ce qui est totalement exceptionnel pour un artiste vivant.

      Deux nouvelles séries voient le jour dans les années 1990 : les Lieux imaginaires et Heinrich von Kleist, dont fait partie l’une des plus grandes sculptures de plein air de Stella, Prince Frédéric de Hombourg, installée en 2001 à la National Gallery of Art de Washington.

      Parmi les commandes publiques de Stella, il faut citer les décorations murales du théâtre de la Princesse de Galles à Toronto, exécutées en 1992-1993, comprenant la voûte de la grande salle, l’arche de l’avant-scène, les murs des foyers et des vestibules sur quatre niveaux, ainsi que la façade arrière des cintres. Les peintures couvrent une surface totale de plus de neuf cents mètres carrés, constituant ainsi l’un des plus vastes décors muraux des temps modernes.

      Dans le domaine de l’architecture, Stella a conçu des projets pour des musées à Groningue, à Dresde et à Buenos Aires. Son « kiosque à musique » de 1997, dont le titre, La Cruche brisée,renvoie à une autre pièce de Heinrich von Kleist, est un assemblage de deux rubans d’aluminium qui forme un arc monumental de onze mètres de haut sur quinze mètres de large. Au printemps 2007, le Museum of Modern Art a consacré une exposition à cet aspect de son art, « Frank Stella: Painting into Architecture », prolongée par une installation sur le toit du musée.

      Dans les séries récentes comme Proche-Orient, en métal moulé peint, ou Bali et Scarlatti K., en acier tordu, il poursuit son travail audacieux dans les trois dimensions.

      Stella a publié de nombreux articles sur la peinture et sur l’art abstrait. Nommé titulaire de la chaire Charles Eliot Norton de poésie à l’université Harvard en 1983, il y a donné six conférences réunies en 1986 sous le titre Working Space (traduit en français en 1988 et en japonais en 1989).

      Stella a reçu de multiples récompenses, notamment le premier prix de la Biennale de peinture de Tokyo en 1967, le prix Claude Fuess décerné par la Phillips Academy en 1979, la médaille de peinture Skowhegan en 1981, le prix de la Mairie de New York pour les arts et la culture également en 1981, le grand prix de l’Art américain attribué par la Pennsylvania Academy of Fine Arts en 1985, des doctorats honoris causa à Princeton, à Jérusalem, à Dartmouth et à Iéna, le grade de chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres en 1989, la médaille Barnard d’excellence en 1992, la médaille d’or des arts graphiques décernée par l’American Academy of Arts and Letters en 1998, la médaille d’or du National Arts Club de New York en 2001, le prix Julio Gonzalez des arts couronnant l’ensemble de son œuvre en 2009 et la médaille nationale des Arts remise la même année par Barack Obama.

      En 2000, Stella était le premier artiste américain à présenter une exposition personnelle à la Royal Academy of Arts de Londres, dont il est membre. Le Kunstmuseum de Wolfsbourg lui a consacré une rétrospective en 2012, et le Whitney Museum of Art en a organisé une en 2015, qui ira ensuite à Fort Worth, puis à San Francisco, tandis que le Madison Museum of Contemporary Art prépare un panorama de son œuvre graphique accompagné d’une nouvelle édition du catalogue raisonné de ses estampes. Cette exposition sera présentée en 2017 à l’Addison Gallery of American Art d’Andover.

      Frank Stella vit et travaille à New York.



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