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PARÉIDOLIE 2026

PARÉIDOLIE 2026

Pour cette nouvelle édition de Paréidolie, la Galerie 8+4 présente des ensembles d’oeuvres inédites d’artistes reconnus ou émergeants.

Avec Pierre Buraglio, nous présentons une sélection de dessins originaux attestant d’une pratique tournée vers la réinterprétation des grandes oeuvres des maîtres du passé et de l’iconographie classique et religieuse. Bien que l’artiste se présente comme tout à fait matérialiste, il ne cesse à travers son oeuvre de revisiter Grünewald, Le Caravage, Philippe de Champaigne, Zurbarán ou les oiseaux de Braque transformés sous son pinceau en symboles de la modernité. Si Pierre Buraglio est connu pour sa déconstruction des fonctions de la peinture dans les années 1970, il reste aussi un artiste dont l’oeuvre s’inscrit dans une tradition multiséculaire de questionnement de l’œuvre picturale et de sa fonction dans notre culture, en tant que support de compréhension. À travers une série de dessins ou de monotypes aux traits épurés, il synthétise divers éléments symboliques pour les fondre dans une image qui joue simultanément de plusieurs registres. La plupart de ces dessins, dont certains sont issus de ses carnets préparatoires, sont présentés à Paréidolie pour la première fois.

De l’artiste Philippe Cognée, nous sommes heureux de dévoiler une séquence de dessins originaux à l’encre, à l’aquarelle et au crayon. Centrées sur l’idée de vanité, ces petites oeuvres déclinant des crânes ne doivent pas seulement être perçues comme des variations sur la mort mais bien comme des interrogations sur la représentation de notre condition humaine comme image contemporaine. Ici, le motif prend diverses tournures du plus figuratif au plus abstrait.

Dans un domaine différent, nous présentons les derniers collages du maître du néo-manga : Yûichi Yokoyama. Considéré comme une légende dans son pays, le Japon, Yokoyama est connu pour ses romans graphiques dont le trait et la narration échappent à toutes les règles de ce genre. Imaginés comme des méditations sur le devenir de la société japonaise, ces récits ont aussi donné lieu à quelques collages que l’auteur gardait dans son atelier. Proposés à la vente pour la première fois en France, ces collages lui permettent de composer le récit en présentant plusieurs temporalités simultanées. La matière colorée de ses oeuvres provient directement d’esquisses ou de dessins qu’il réarrange de façon spectaculaire.

Les sœurs Chevalme poursuivent, quant à elles, leurs investigations des idéologies régissant les cultures. À partir d’une exploration minutieuse de fonds photographiques liés à la colonisation de l’Afrique de l’Ouest au tournant du XXe siècle, elles ont isolé quelques vues de la vie quotidienne. Bien que dénuées de violence explicite, ces images sont celles d’un asservissement d’une population au profit d’une autre. Ce corpus de clichés est ensuite soigneusement recopié à l’encre en juxtaposant sur une même feuille plusieurs scènes. Ce collage visuel serait incomplet sans l’irruption du présent, incarné sous la forme de rajout aux feutres à la couleur dorée.

Pour la première fois, nous exposons également une sélection de dessins de Ludivine Venet, artiste résidante à Marseille. Ses dessins réalisés sur des feuilles de pierre ouvrent sur des paysages d’une étonnante sensibilité où l’empreinte devient trace du vivant tout autant qu’une strate où l’inerte prend soudain la forme d’un mouvement infini interrogeant le temps. Pour l’occasion, Ludivine Venet présentera ses derniers travaux à la fois projection et réflexion sur le territoire qui l’entoure.

Enfin, nous présentons les derniers dessins de Clément Bagot qui, dans une gamme de couleurs renouvelées, joue avec aisance d’échelles simultanées. Le macroscopique et le microscopique se disputent la prédominance alors que l’abstraction et la figuration dialoguent ensemble. Plus que dans ses oeuvres précédentes, cette nouvelle série introduit la possibilité à toute image d’être double, d’être à la confluence de vérités différentes qui, loin de s’opposer, fusionnent dans un même élan.