Franck David
L’oeuvre de Franck David peut déconcerter. La notion de style y est absente. Chacune des propositions diffère visuellement et esthétiquement des autres au point qu’un regard distrait n’y verrait qu’une suite hétéroclite de productions. Il n’en est rien évidemment.
Il y a chez cet artiste singulier une volonté affirmée de produire de la pensée. D’interroger le monde aussi mais à partir de choses trouvées, vues dans le quotidien le plus ordinaire. Chaque oeuvre de franckDavid résulte donc d’un déplacement entraînant l’objet vers une sorte de suspension. Ce qui est là vient bien d’une appropriation du réel mais ce dernier est modifié, augmenté non pas dans une logique de détournement mais plus d’une augmentation de son potentiel à superposer des interprétations, le plus souvent politiques et poétiques. Autant dire que l’intervention sur l’objet peut être tout à fait minimale ou au contraire totalement radicale.
Et si les techniques, les gestes et les formes sont aussi variées allant de la reprise d’un magazine de mots croisés à la présentation d’un rosier aux épines en plomb tournant sur lui-même ou bien d’une collection de cahiers d’écoliers du monde entier subtilement rehaussés c’est pour mieux construire une syntaxe comprimant le temps et l’espace, préférant l’immédiateté d’un présent. D’ailleurs, ce n’est pas vraiment un hasard si nombre de ses pièces s’immiscent dans la grande littérature ou que d’autres interrogent spécifiquement le statut de l’image. Pour franckDavid rien dans notre culture est acquis, fixe, définitif. Au contraire, chaque nouvelle production (on songe parfois à la fameuse série des Oggetti in meno – objets en moins 1965 – de michelangelo Pistoletto) constitue une proposition qui engage plus le spectateur que son auteur. Ce dernier proposant d’introduire par ses productions des variables syntaxiques dans l’imaginaire contemporain.
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