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franckDavid – Échange corps contre image[s]

franckDavid – Échange corps contre image[s]

28 novembre 2026 – 16 janvier 2027
Vernissage samedi 28 novembre 2026 à partir de 17h 

Dossier de presse

C’est avec un immense plaisir que la Galerie 8+4 présente du 28 novembre 2026 au 16 janvier 2027 la deuxième exposition personnelle de franckDavid au sein de la galerie. Intitulée « Échange corps contre image[s] », ce rassemblement d’œuvres, de situations et de propositions peut se percevoir comme un désir de connivence avec la fameuse phrase de l’artiste Robert Filiou : « L’art, c’est ce qui rend la vie plus intéressante que l’art. » Mais contrairement à Filiou qui percevait dans l’ordinaire de l’existence des configurations insolites, franckDavid prend acte d’une crise : celle des images et des corps que l’actualité du monde ne cesse de nous imposer.

Comme une réponse faussement hallucinée, il présente pour la première fois une imposante bande dessinée (Vielleicht/ peut-être/..), fruit d’une réflexion menée sur plusieurs années. Constituée initialement de photogrammes issus de films ou séries qu’il collecte et ensuite retranscrit en dessins par le biais de carbones, l’ouvrage édité à 500 exemplaires devient le pendant d’une série d’œuvres exposée sur le mur ainsi que dans un portfolio. La circulation entre la bande dessinée et ses originaux s’inscrit alors dans un mouvement ouvrant sur une surprenante complexité narrative. Charge aux visiteurs de discerner, au sein des contradictions visuelles de ce travail portant sur les archétypes contemporains, les fils d’une réflexion sur le corps absent, comme absorbé par son environnement. Un second ouvrage (Des Parenthèses mises bout à bout, les unes derrière les autres, qui forment l’index en pointe), également présenté pour la première fois, compile en son sein des textes entre parenthèses que l’artiste rencontre et collecte lors de ses lectures. Ces apartés forment un recueil de fragments littéraires issus de multiples horizons et époques transformés soudain en labyrinthe stylistique, un protolangage en quelque sorte, dressant un véritable portrait en creux d’une humanité sans identité.

En contrepoint sont présentés Éclipse domestique et Electric candle, deux pièces au vocabulaire domestique introduisant une relation au temps d’exposition élargi. Par leurs capacités à questionner ce qui s’impose comme une présence ou, à l’opposé, comme une forme d’invisibilité, ces deux objets (l’un révélant une lumière phosphorescente, l’autre présentant la forme négative de la chaleur dégagée par une ampoule dans un bloc de cire) au statut flou ne manquent pas d’évoquer la nature morte. D’une certaine manière ces deux œuvres réfutent toute forme de transcendance du geste artistique encore si fréquent dans les discours contemporains (avec l’exacerbation romantique de L’artiste en génie, la célébration de la technique, etc.). Toutes les deux ouvrent également au sein de l’espace de la galerie sur d’autres œuvres qu’il faut percevoir comme autant d’indices d’un travail en train de se faire, celui d’un montage, et qui, justement dans ce faire, met en crise les attentes du spectateur-visiteur. Avec pointure, bloc de béton où sont enfouies deux bottes en cuir d’homme, le corps fantôme devient image à actualiser dans des allers et retours entre les films de gangsters (avec leurs exécutions en mer de corps lestés de béton aux pieds) et la dure réalité des migrations contemporaines autour du bassin méditerranéen.

Au final cette exposition ne pourrait être qu’une compilation de doutes : les œuvres chez franckDavid ne sont jamais datées et ne présentent pas ouvertement leur logique d’apparition. Chez lui, le fait d’exposer ne consiste donc pas à déployer une actualité de circonstance, ni même une chronologie factuelle. Au contraire, ce qui a surgit dernièrement peut prendre une actualité critique redoutable par sa mise en regard avec une pièce ou un geste plus ancien, et qui dans d’autres circonstances prenait une autre signification. Chez franckDavid, toute exposition réaffirme un travail de montage, de raccords et de sutures entre des situations ou des temps différents. L’exposition devient dès lors une cristallisation temporaire et en constante évolution d’un contexte donné.

Échange corps contre image[s] n’a pas de forme fixe et n’énonce pas de vérités, majeures. Au fil des jours, des heures, la disposition des interventions ne cesse de varier se superposant comme autant de chapitres constitutifs de l’exposition, tel le film Trouvé-Perdu projeté à intervalles réguliers dans le sous-sol de la galerie et qui, dans la lumière crépusculaire de ses images, induit une fin possible de toutes relations à l’autre.

Franck David


Né à Montreuil-sous-bois, ceinture rouge de l’est parisien et qui aura construit pas mal de son paysage politique

vit à Berlin la plupart du temps, dans un quartier de l'ancien est, changement de pays mais poursuite du même soleil levant 

travaille dans un 15'' et dans son atelier

s'il a fait des études de design graphique, c'est pour ne pas en faire un métier

le cinéma ordonne son quotidien, 

et son grand nombre de boots qualifie sa démarche

la nuit est sa seconde journée.