Jean Dewane / Multiple Multiples

Une sélection d’estampes et d’œuvres graphiques provenant de l’atelier de Jean Dewasne. Exposition du 20 septembre au 9 octobre 2019.

« MULTIPLE MULTIPLES »

Exposition  du 20 septembre au 9 octobre 2019

Vernissage le 19 septembre 2019 à 18h

Jean Dewasne, figure majeure de l’abstraction construite, devient lauréat du prix Kandisnky en 1946, alors qu’il participe à l’émergence du salon des Réalités Nouvelles, vitrine de l’art concret et de l’abstraction géométrique, aux côtés d’Auguste Herbin. Artiste « phare » de la galerie Denise René, il participe, lors de ces années pionnières aux expositions de groupe de la galerie autour des tendances de l’art abstrait aux côtés de Vasarely, Herbin, de Staël.

Il réalise sa première œuvre murale en 1947. Son objectif est alors de sortir la peinture du cadre du tableau. Le mur monumental était pour lui une nécessité : c’était le support permettant à ses idées plastiques de s’épanouir, de communiquer.

Il revendique avec ses premières peintures le rôle essentiel de la couleur comme élément unificateur de ses recherches plastiques. Plus tard, son intérêt pour l’industrie le porte sur des supports inattendus : carrosseries de voiture, carénages de motos, autant de volumes qu’il peint comme des tableaux. Ces « Antisculptures » lui permettent de développer un vocabulaire formel spécifique, avec un choix de couleurs jugées fondamentales, et d’appliquer sur des structures complexes tridimensionnelles sa théorie de la peinture plane.

 « Essayer d’atteindre à la plus haute intensité colorée possible, compatible avec une importante complexité des ensembles formels. Les éléments plastiques doivent donc pouvoir se déployer sur des surfaces suffisantes. » Jean Dewasne.

Engagé dans la voie d’un art constructif, Jean Dewasne plaide pour un art en action directe sur la vie sociale, intervenant dans l’architecture publique. On lui doit des réalisations monumentales et prestigieuses comme par exemple : la Longue marche, œuvre de plus de 100 m de long (1967), la patinoire et le stade de glace pour les JO de Grenoble en 1968, ou encore une peinture murale de 15 280 m² pour la Grande Arche de la Défense en 1989. Daniel Cordier, qui l’expose à Paris puis à New-York, parle de Dewasne comme celui qui a su « baroquiser la peinture géométrique trop froide ».

 Entré très tôt dans les collections nationales avec plusieurs œuvres majeures, son épouse Mythia Dewasne fait en 2012 la donation du très important fonds de son atelier aux Musées de France. Les œuvres viennent enrichir les collections de 17 musées parmi lesquels le musée National d’Art moderne-Centre Pompidou, le musée d’Art moderne de la ville de Paris, le musée Matisse du Cateau-Cambrésis, les musées des Beaux-Arts de Caen, Cambrai, Nantes, Rennes, Strasbourg etc.

 « Les toiles de Jean Dewasne sont surtout des toiles modernes. Devant elles j’ai dû penser à la phrase de Rimbaud : « il faut être absolument moderne… ». Que pouvons-nous donc entendre par absolument moderne ? Ce n’est certes pas l’effrayant, le menaçant, l’horrible, le tapageux de notre monde machiniste dans lequel la plupart des vivants se croient à l’abri. Ce monde-là n’est que le rideau qui cache la régie véritable du spectacle éternel. Les peintures de Dewasne ne sont pas des trésors ornementaux, ni du « décor hâtif » comme dirait Seuphor, car elles ont leur racine dans un fond originel. Leur gaîté, leur apparence anti-tragique, anti-crasse, ne semble pas vouloir avouer que cette racine plonge dans la modernité absolue, dans l’infini. » Jean Arp, 1953 (in Dewasne, Arche de la Défense Rondes-bosses. Noroit/Arras. p.8, 1996.)

 

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