Speak and Spell | Gilles Pourtier | jusqu’au 7 mars 2026 

DÉSIR D’ANTIQUE

19 mars - 20  mai 2026

Pour plus d'informations, contactez-nous

Qu’est-ce que l’antiquité dit de notre époque ? Qu’est-ce qu’elle inspire aux artistes contemporains ? Qu’est-ce qui nous fascine tant ? Quel lien, quel dialogue entre des œuvres de plus de deux millénaires et des artistes d’aujourd’hui ?

Toute l’histoire de l’art semble revenir à cela, à cette contribution du passé sur le présent. Et si l’artiste d’avant-garde peut, un temps, briser les codes, refuser la hiérarchie des genres, repenser la notion même d’œuvre d’art, il arrive toujours un moment où chaque créateur interroge le passé dans un élan lui permettant d’établir par l’art une relation au monde. Louise Bourgeois, Jean Arp, Constantin Brancusi, Pablo Picasso, et tant d’autres, ont jeté un regard sur les arts primitifs et antiques, comme pour mieux les actualiser ou se les réapproprier. Depuis l’aube de l’humanité, l’art serait donc une migration des formes, une continuité du geste artistique qui, au-delà des styles, au-delà même des techniques, ne cesse d’interroger ce qui fait œuvre.

Pour illustrer ce dialogue fécond entre passé et présent, la Galerie Arteas et la Galerie 8+4 s’associent pour la première fois et présentent au public plus de 80 rares objets antiques auxquels répondent par un ensemble d’œuvres inédites, une dizaine d’artistes contemporains. Désir d’Antique compose ainsi un jeu de résonnance, des clins d’œil réactivant l’idée des cabinets de curiosité de la Renaissance.

Les objets choisis par la Galerie Arteas, d’une extrême finesse, parlent avant tout de la proximité avec l’au-delà. Amulettes, idoles, cônes funéraires, vases, outils, fibules, bijoux ou petits ornements, autant d’objets du quotidien qui attestent d’une vision de l’homme, et de la manière dont il se pense au monde.

Couvrant plusieurs civilisations et quelques millénaires, cette exposition nous embarque dans un voyage temporel et spatial, où le divin côtoie l’ordinaire. Égypte, Grèce et Rome antiques, Proche-Orient, notre œil reconnaît le minimalisme des formes ou la stylisation de ces œuvres venues de différentes régions occidentales et orientales dont les artistes modernes se sont emparés d’un point de vue esthétique mais aussi sémantique. En effet, de ces objets se dégagent aussi les interrogations qui ne cessent d’habiter les hommes d’antan comme d’aujourd’hui face à la vie, à la mort, au temps présent et à venir.

Pour les artistes contemporains, s’intéresser à l’antique, n’est pas l’expression d’une nostalgie, mais bien une inspiration qui puise dans un répertoire de créations d’un temps où les muses et les dieux cohabitaient avec les hommes.

Un fragment de marbre romain, un vase grec ou un objet funéraire du premier empire égyptien exprime de la même façon un désir d’absolu que l’on retrouve dans les créations d’Anne et Patrick Poirier, Claire Trotignon, Lionel Sabatté ou Gilles Pourtier. 

Anne et Patrick Poirier (nés respectivement en1941 et 1942, vivent et travaillent à Lourmarin) poursuivent depuis le début des années 1970 un travail interrogeant la place de la mémoire dans nos sociétés modernes. Conscients de la fragilité des civilisations et des cultures, leurs œuvres se présentent souvent sous la forme du fragment. Ainsi Dépôt archéologique présentée dans l’exposition invite chacun à réinventer une cité antique selon ses goûts.

Depuis une quinzaine d’années Claire Trotignon (née en 1985, vit et travaille à Saint-Pierre-des-Corps) développe un travail précis et poétique autour des notions de structures, de fragments et de traces. Ses œuvres évoquent la cartographie, l’archéologie ou la mémoire des territoires. Pour l’exposition, ses nouveaux collages composés de fragments de gravures représentent les ordres classiques de l’architecture romaine et composent d’étranges paysages où le passé se conjugue au futur.

La sphère du vivant, ainsi que les transformations de la matière dues au passage du temps, se retrouve au cœur du travail de Lionel Sabatté (né en 1975, vit et travaille à Noisy-le-Sec). L’artiste entame depuis plusieurs années un processus de récolte de matériaux qui portent en eux la marque d’un vécu. Ces éléments combinés de manière inattendue produisent un bestiaire étonnant telle cette chouette d’Athéna qu’il présente dans l’exposition.

Avec un design inventif, François Azambourg (né en 1963, vit et travaille à Douarnenez) explore le potentiel expressif des procédés de fabrication et de mise en forme des matériaux, qu’ils soient industriels ou artisanaux, novateurs ou traditionnels, tels ces petits objets en métal martelés qui évoquent des fibules antiques.

De son coté, dans la série des Masques, Gilles Pourtier (né en 1980, vit et travaille à Marseille) puise dans l’esthétique industrielle contemporaine des formes qui, transposées dans d’autres matériaux, retrouvent la simplicité des objets primitifs. 

Quant aux photographies de Bernard Plossu, Françoise Nuñez, Philippe Chancel ou Guénaëlle de Carbonnière, elles travaillent sur l’idée de ruines, non seulement en immortalisant le cycle des civilisations mais aussi en nous confrontant à notre actualité. 

Françoise Nuñez (1957-2021) et Bernard Plossu (1945, vit et travaille à la Ciotat) occupent une place singulière dans le panorama de la photographie internationale grâce à leur capacité à explorer par la marche les territoires du monde. Les clichés de ruines de Syrie et d’Égypte présentés mêlent ordre et désordre conduisant le spectateur à reconstruire la majesté de ces architectures disparues.

Philippe Chancel (né en 1959, vit et travaille à Paris), de son côté, poursuit une expérience photographie explorant des sites sensibles de notre planète pour ausculter le monde et observer les symptômes les plus alarmants de son déclin. Sa série réalisée au Soudan en 2018, nous invite à admirer la surprenante beauté des pyramides de Méroé, site encore largement méconnu du public et comme hanté par les esprits du désert.

La pratique artistique Guénaëlle de Carbonnières (née en 1986, vit et travaille à Lyon) qui croise photographie, gravure, dessin et installations, interroge particulièrement la mémoire collective à travers la notion de patrimoine et l’archéologie. Par un habile retournement, l’artiste, avec ses tirages gravés et encrés, fait surgir les vestiges de civilisations millénaire sur les ruines du présent.

Désir d’Antique ouvrent sur d’irréductibles singularités croisant le temps des origines et notre modernité. Une transmission vivante pour une création toujours en mouvement.

Pas de commentaires client pour le moment.

Autres suggestions ( 16 autres produits de la même catégorie )

Nouveau compte S'inscrire