Les Particules mécaniques - Claire Trotignon

Les Particules mécaniques est un diptyque de Claire Trotignon en sérigraphie à l'encre bronze agrémentée de collages originaux. Sa forme est inspirée des planisphères anciens.

 

Claire Trotignon conçoit sa pratique comme un questionnement sur le devenir de nos sociétés. Par le biais du collage, par la recomposition de dizaines de fragments puisés dans des gravures du XVIIIe siècle, elle reconstitue des paysages épurés, des lieux où le vide compte autant que les figures. Dans Les particules mécaniques, elle utilise la forme ancienne du planisphère imaginé par les encyclopédistes. Mais au lieu de donner une représentation du monde cohérente, elle produit un paysage où nature et culture entrent en tension. En jouant des codes de la représentation, elle nous indique également combien le savoir humain entre dans une période de crise et de doute à l’heure où sa surabondance, via les réseaux numériques, transforme radicalement la notion-même d’image et donc d’information.

Référence Particules Mécaniques Trotignon
Format Diptyque 115 x 165 cm par panneau
Tirage 8 exemplaires
Justification Signé et numéroté
Technique Tirage en sérigraphie, encre bronze et collages originaux
Année de parution 2016

Trotignon (Claire)


Claire Trotignon est née en 1985 à Paris où elle vit et travaille actuellement. Diplômée avec mention spéciale de l’École supérieure des beaux-arts de Tours en 2008, Claire Trotignon s’affirme comme l’une des plus talentueuses artistes de sa génération.

Il faut percevoir la pratique du collage chez Claire Trotignon comme une tentative réussie de parler de notre époque, d’en parler autrement. Il y a chez elle une heureuse collision entre des éléments appartenant au passé et des formes visiblement issues du futur. Rien dans ses œuvres ne semble parler de notre présent ni même renvoyer à quelque événement ou mutations de notre culture. Chacun de ses paysages, elle les compose à partir de centaines de fragments de gravures du XIXe siècle qu’elle découpe minutieusement avant de les coller, de les arranger et de les distribuer de façon éparse sur un fond blanc immaculé. Leurs rassemblements façonnent des affleurements rocheux prenant la forme de montagnes, de falaises, ou se réduisant à quelques éléments dénotant d’un lieu sans localisation précise. Et toujours, un arbre, voire un bosquet, vient fixer l’échelle. Autours l’infini, le vide, si présent dans ce blanc qui irradie tout en laissant les choses en suspens. Chez Claire Trotignon, le vide est la base même de la composition et réfute toute forme de pesanteur. Les choses flottent librement, excluant tout horizon clairement défini, voire même une ligne de fuite contraignante. Le cadre apparait dès lors comme une découpe arbitraire.

Comme de véritables pièges pour le regard, ces collages se peuplent d’architectures, ou plus exactement de fantômes de constructions. De séries en séries, elles se sont faites plus abstraites au point de s’incarner tout autant dans les structures archaïques de peuples anciens ou prendre l’évidence minimaliste d’architectures utopiques qu’elle se pare régulièrement de touches d’un bleue intense appliquées au pinceau. Ces arches, ces murs aveugles, ces fosses et esplanades, ces perspectives sans fin évoquent un monde futur en lévitation ou le réel semble avoir perdues toute substance, éparpillé dans les plis du temps et donc de notre imaginaire. Claire Trotignon réaffirme que tout paysage notamment urbain, est avant tout une construction mentale où se cristallise les enjeux de la représentation dans une culture donnée. En jouant avec l’idée d’histoire, de cycle, en convoquant des modes de figuration non occidentaux (on pense notamment aux estampes japonaises), ses collages produisent au final une image ou le passé et le futur semble s’annuler dans les ruines du présent. Car les paysages que composent Claire Trotignon sont évidemment métaphoriques et renvoient aussi à cet éclatement de nos cultures contemporaines.



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