Le motif de la montagne Sainte-Victoire occupe chez Véra Molnar une place singulière
Le motif de la montagne Sainte-Victoire occupe chez Vera Molnar une place singulière comme en atteste nombre de ses dessins, œuvres et multiples. Evidemment, il y a l’hommage à Cézanne et sa cette capacité à révéler plastiquement l’asymétrie de cette éruption rocheuse. Mais chez Vera Molnar, la montagne Sainte Victoire est aussi un principe ou plus exactement l’heureuse incarnation naturelle d’un désordre qu’elle ne cesse de vouloir rationaliser. Et cette rationalisation, elle s’incarne particulièrement dans la courbe de Gauss, système de représentation de la complexité que Vera Molnar utilise, détourne, réactualise. Si la montagne Sainte-Victoire est la preuve naturelle de cette courbe, il convenait d’en démontrer toute la beauté. Tel est le but de ce triptyque voulu par l’artiste.
Trois panneaux, trois états. Des points attestent de la physionomie de la montagne. Si le premier panneau ouvre sur une vision désincarnée, le second permet d’en découvrir quelques contours arbitraires. Le troisième achève et clos le processus en révélant la physionomie de la montagne. L’emploi de la laine, renvoi sensuel au trait du dessin, contrebalance la rigueur programmatique des points. Face à ce motif imposant, Vera Molnar produit ici une œuvre exemplaire ou un motif célèbre devient un modèle alliant rigueur d’un protocole et beauté d’un dessin.
Fiche technique